Livres peints
On dira un mot de plus s’agissant des outils :
» Les encres sont noires, très noires, noir d’encre. Puis tout à coup colorées. L’aquarelle rouge, fraise écrasée, jaune éteint, vert presque électrique. La palette ne se réduit pas à trois couleurs, mais n’est pas très étendue.
Le support est lui souvent, pas toujours, d’abord et avant tout, le papier, très choisi, puis désiré – aimé. Un support simple, ductile, froissable, récupérable dans son froissement. Papiers d’ailleurs, là où la vie est plus lente – Corée, Chine, Inde, Népal – mais tout autant l’Arche de nos moulins d’ici. Ces supports dans leur frémissement et leur abandon feint, signent une simplicité qui augure d’une manière légère de s’approprier la peinture.
Et le papier bien sûr et comme nécessairement appelle dans l’anticipation des grands formats, les livres qui viennent comme anticiper, préparer les œuvres encore à venir. Le papier alors se soumet à la pliure, se couvre d’une épaisseur, se niche dans un étui, dans une boite, s’enroule dans une écorce, se drape dans un léger tissu et s’y oublie.
« Oiseaux, fleurs et fruits »,
Philippe Jaccottet
Le livre des pivoines, leporello, aquarelle sur papier.